Eurêka! Défi Twittérature

À chaque mois, la Zone d’écriture de Radio-Canada propose des « petites tortures littéraires sur Twitter ». En novembre, il s’agissait de se « prendre pour Galilée, Einstein ou Archimède et faire partager LA découverte du siècle » en moins de 140 caractères. On devait s’assurer d’utiliser le mot « Eurêka » dans notre propos.

J’y ai participé avec le gazouillis suivant:
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Puis, Eurêka! Défi remporté – merci à la Zone d’écriture, à La sphère et à Nicolas Langelier de Nouveau Projet.

http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/11/defi-twitter-zesphere-eureka-le-gagnant-est.html#.ULJkIo6mDzI

Le Prix reçu grâce au défi Eurêka! de la Zone d’écriture de Radio-Canada: iPod et calepin de notes. Photo à la page Facebook ici.

Depuis, je participe, en français et en anglais, à toutes les occasions de Twittérature que présente Radio-Canada. C’est une quasi-obsession…! Et c’est très amusant de lire les micro-histoires des autres gazouilleurs. À nos claviers!

« Comment j’ai écrit mon premier livre » – partie 1

J’ai été invitée à participer à une table ronde intitulée « Comment j’ai écrit mon premier livre » lors de la 20e édition du Salon du livre de Toronto le samedi 8 décembre 2012 à 10 h 30. Ce sera l’occasion pour moi non seulement de rencontrer deux poètes franco-ontariens, Sonia Lamontagne et Daniel Groleau Landry, mais aussi de partager le processus de création de mon roman, La face cachée du bonheur.

Lors de cette écriture, j’ai reconfirmé que je n’écris rien en isolement. On dit que le métier d’écrivain est solitaire et c’est vrai. Cependant, des amis, de la famille, des collègues et des gens que j’ai rencontrés outre-mer – ainsi que les histoires vécues avec eux ou entendues dans leurs accents variés – ont influencé le roman.

S’y infiltrent le physique d’un collègue Adonis (à son insu), les noms d’amies depuis perdues, des béguins non-réciproques, la description de la mère d’une camarade de classe… Le tout noué par les personnages issus de mon imagination.

Ces idées, qui ont flotté dans ma tête pour près de dix ans, ont pris du temps et de la discipline pour se coucher sur le papier. La semaine prochaine, quelques détails sur la démarche entreprise pour mener La face cachée du bonheur à bon port.

Auteurs unis

Ce mois-ci, ayant rencontré de nouveaux collègues écrivains sur Twitter, j’ai répondu à un défi lancé aux écrivains de n’écrire que ce qu’on a VRAIMENT envie d’écrire. N’ayant pu choisir entre mes projets en français et mes projets en anglais, je n’ai terminé ni l’une ni l’autre de mes nouvelles… Cependant, l’exercice m’a bien plu et j’insère ici un court extrait de ma nouvelle en chantier Le scoop d’Élodim.

Elle anticipe le décompte – ce serait bientôt sa chance. Elle est nerveuse, mais confiante. Elle remercie à nouveau le ciel qui a fait en sorte que ses collègues soient tous affectés à la couverture de l’élection municipale, qui s’annonce serrée. Peu importe, par contre, puisque ce serait elle la prèmière à faire éclater le récit de la folle enfermée chez elle avec un bébé n’étant pas le sien.

Dans l’oreille, l’écouteur  la connectant à la station, devant elle, le trépied et la caméra-vidéo mobile, ajustés tant bien que mal à la position qu’elle juge idéale pour son reportage: la maison assiégée et les voitures de police directement derrière elle. Puis, la voix de sa collègue dans l’écouteur:

– Mais avant de nous rendre aux quartiers-généraux de cette candidate à la mairie, rejoignons notre reporter Élodim Gustave, qui est sur place, là où la police surveille le lieu d’un présumé enlèvement. Élodim, pouvez-vous nous parler de ce qui se passe là-bas?

Élodim hoche de la tête d’un air qu’elle espère sérieux et professionnel.

– Oui, Louise. Vers 16h cet après-midi, la police a reçu un appel annonçant qu’un enfant était enfermé à l’intérieur de cette maison derrière moi – un enfant enlevé, kidnappé. Le service policier a envoyé une auto patrouille et, une fois arrivée sur les lieux, l’équipe n’a pas eu de réponses à la porte sauf une personne qui s’est écriée – et je cite l’agent de police: « Y’a un fusil – attention au bébé! » Les agents ont appelé du renfort – que vous voyez derrière moi – et ont assiégé la maison.

Je me remets à l’écriture dès demain.

Astuces de déblocage

Il m’arrive – d’après moi, trop souvent – d’être victime d’angoisse de la page blanche. Pourtant, ce syndrome n’est qu’un mythe; il s’agit de ne pas se laisser prendre. Ainsi, lorsque l’angoisse, ou sa petite soeur la temporisation, se présente, j’ai quelques astuces pour continuer à écrire. Je ne me mets pas nécessairement au projet d’écriture du jour mais, à tout le moins, je me mets à l’écriture qui s’impose.

Voici quelques pistes que j’ai utilisées pour me remettre à la tâche:

– Faire une recherche Internet pour des nouvelles insolites. Ces histoires cocasses et invraisemblables peuvent en inspirer d’autres. Cette astuce a mené, entre autres, à ma nouvelle À l’air.

– Ouvrir un livre (que l’on n’a pas encore lu) et en copier une phrase. Écrire la suite. Quelques lignes peuvent suffire pour revenir à la page blanche qui angoissait l’instant précédent. On peut aussi copier une phrase d’un gazouillis (tweet) ou d’un article d’actualité.

– Prendre note des conversations autour de soi, dans le transport en commun, dans un ascenseur, dans un restaurant ou un café. Quelles questions surgissent? Quels personnages s’imposent? C’est plus simple de laisser aller son imagination si on ne fait pas partie de la conversation, mais sait-on jamais, peut-être que vos amies et amis n’auront pas objection à ce que vous quittiez subitement la salle pour aller écrire quelques bribes de texte.

– Entretenir un cahier de rêves. Il s’agit de garder, sur sa table de chevet, un calepin de notes dans lequel on transcrit ses aventures nocturnes. (Vraies ou rêvées, c’est selon.) L’imagination est sans limites lorsqu’on dort. Il faut en profiter. Il faut aussi noter dès que possible au réveil, sinon, on risque de perdre le souvenir d’un rêve marquant. Quelques mots peuvent suffire pour se remémorer des scènes. Plus tard, lorsque l’angoisse de la page blanche se manifeste, relire ses rêves pour éveiller l’inspiration. C’est un rêve qui a inspiré ma nouvelle Timothy’s Blanket.

D’autres astuces peuvent aider écrivains et écrivaines à se remettre à la tâche. Prendre une marche solitaire à l’extérieur, par exemple, ou changer d’environnement. Au fond, il s’agit de ne jamais ne pas écrire…

Vous avez d’autres astuces à suggérer? Donnez-m’en des nouvelles!

Quand écrire

Une décennie trop tard, je me rends compte que j’avais bien du temps libre avant. Lors de ma vingtaine, j’aurais dû profiter de mon peu de responsabilités pour écrire, écrire, écrire. Mais quand on a tout notre temps, on en profite peu.

Comme on dit : Si tu veux faire accomplir quelque chose, donne-le à une personne occupée. J’ai toujours écrit, mais mon écriture s’est revigorée une fois que j’avais un emploi à temps plein et une hypothèque à payer; un mari et un bébé à aimer. En fait, c’est durant mon congé parental que je redoublais d’efforts pour me trouver des bribes de temps pour écrire; entre tétées, entre sorties aux centres de la petite enfance, entre dodos mérités.

Quand écrire?
Trouver le temps d'écrire peut être un défi

Ça demeure un défi de trouver le temps d’écrire, mais j’en ai toujours l’envie. L’astuce, c’est de résister l’appel du stylo lorsqu’au travail à temps plein ou lorsqu’avec ma famille, mais tout de même de prendre des notes pour ne pas perdre mes idées du moment lorsque viendra le temps de laisser couler l’encre. Quand j’aurai une minute.

L’image qui vaut 1 300 mots

Lorsque j’ai décidé de publier des versions électroniques de mes nouvelles À l’air et Sur le seuil (publiées d’abord dans la revue littéraire Virages), il me fallait les bonnes images pour leur servir de pages couverture.

Sur le seuil, texte d'A.M. Matte, photo de leilah vayid
Sur le seuil, photo de leilah vayid

Heureusement, je connais bien la photographe leilah vayid, qui est sautée sur le défi. Je lui ai demandé une photo d’une porte d’entrée intéressante (elle s’est promenée en ville et a pris plus de 50 photos avant de tomber sur celle que j’ai choisi) et, pour pousser les limites davantage, une photo d’un soutien-gorge contre un ciel ensoleillé. leilah a passé près de deux heures à photographier le soutien-gorge en question. L’image gagnante est celle qu’elle a prise en contre-plongée, couchée sur le sol, les cheveux dans les cailloux.

À l'air, texte d'A.M. Matte, photo de leilah vayid
À l'air, photo de leilah vayid

Mes nouvelles Sur le seuil et À l’air seront bientôt disponibles en ligne. Entretemps, vous pouvez lire ma nouvelle Secrets, disponible ici ou dans le numéro 54 de la revue Virages. L’image de la jeune femme en page couverture de Secrets est aussi une photo prise par leilah vayid.

Certification en création littéraire

A.M. Matte et Lee Gowan, Chef du programme de création littéraire de l'Université de Toronto

Je ne sais pas si c’est parce que c’est ma graduation la plus récente ou parce que c’était mon parcours scolaire le plus amusant, mais j’ai un peu l’impression que je suis plus fière de ma certification en création littéraire (Université de Toronto) que de mon baccalauréat en journalisme, science politique et études africaines (Université Carleton) et de ma maîtrise en communications (Université d’Ottawa) – dont je suis déjà très, très fière. (Peut-être parce qu’en même temps j’ai donné naissance et élevé un poupon?)

Je remercie mes profs et mes collègues de classe qui ont contribué à ma réussite, en particulier ma mentor, la dramaturge Colleen Murphy, qui m’a conseillée et guidée lors de l’écriture de mon projet final, ma pièce de théâtre Seven Dragon Happy-Go-Lucky Golden Garden House of Foo(d).

Le grand Michel Tremblay

Ce n’est pas à tous les jours que l’on a la chance de rencontrer son idole en personne. Alors le jour où j’ai entendu Michel Tremblay lire un extrait de La traversée du continent et discuté avec lui un moment (le temps qu’il autographie les trois livres que j’avais avec moi), j’ai été comblée.

Michel Tremblay autographie un de ses romans
Michel Tremblay à la bibliothèque de Toronto

L’oeuvre de Michel Tremblay est incontournable* et inspirante. C’est un talent particulier qui décrit, à lui seul, une ère. Les Canadiens français – le monde entier, même – doivent une fière chandelle au chroniqueur de la vie des Nana, des Albertine, des Pierrette, des Paul, qui, sans lui, n’auraient jamais eu leur voix, leurs mots, résonner aux quatre coins du globe.

 

* J’ai même joué le rôle d’Olivine Dubuc, la vieille dame de 93 ans en chaise roulante dans Les belles-soeurs, au secondaire. Elle n’a que six répliques, mais sans sa dernière, la pièce ne peut terminer…

 

Page vierge

6 h 27. Dimanche matin.

Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas eu l’impression d’avoir à sauter la première page de mon nouveau calepin de notes avant d’écrire. D’habitude, je ressens une pression immense – auto-imposée, bien sûr – d’écrire la perfection dès le nouveau calepin ouvert. La page blanche (ou lignée) implore le mot parfait, la phrase bien exprimée, le calembour bien songé. Il y a des années, j’ai décidé que la meilleure façon pour moi d’éviter de figer devant la première page d’un nouveau calepin (surtout que je suis bien la seule à en lire le contenu) était, tout simplement, de la laisser vierge et de passer à la prochaine. Ainsi, si jamais je tombe sur la phrase parfaite, j’aurai un endroit de choix pour elle.

Mais ce matin, éveillée avec le sourire vers 5 h 15, bouleversée par un rêve tout simple, je me suis levée pour écrire le personnage que j’avais incarné pendant la nuit. J’en ai rempli plusieurs pages de mon calepin, au point où il ne m’en restait plus et j’ai dû choisir un nouveau calepin. Que j’ai ouvert à la première page, sans hésiter, pour continuer mon histoire.

Remerciements à l’AAOF

Des remerciements tardifs, mais sincères, pour le programme de compagnonnage littéraire de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français:

En 2010-11, j’ai eu la chance d’être chapeautée par Monsieur Paul Savoie, auteur reconnu habitant Toronto, pour travailler mon roman: La face cachée du bonheur.

Nous avons entamé le processus de révision du roman par voie électronique, Paul me guidant dans la réécriture du roman, un chapitre à la fois. Ses commentaires principaux étaient de ralentir l’action, de donner un rythme plus lent au roman et de porter plus d’attention aux détails. Paul m’a poussée à décrire plus longuement les moments clés de l’intrigue et de réfléchir aux thématiques que j’insérais dans le roman.

Paul me l’a souvent répété lors du processus de réécriture : « l’essentiel, c’est de prendre son temps. » Sur les huit mois de travail, son encouragement constant et ses conseils ont fait de La face cachée du bonheur un document plus complet, plus lisible et plus solide.

Je ne peux assez remercier l’AAOF de cet apprentissage. Ce que j’ai appris et retenu lors de ce travail me servira encore longtemps lors de mes prochains projets d’écriture. Le programme de compagnonnage littéraire de l’AAOF est non seulement un atout à l’auteur en devenir, mais aussi, je l’espère, pour l’auteur qui accompagne. Je souhaite longue vie à ce programme !