Auteurs unis

Ce mois-ci, ayant rencontré de nouveaux collègues écrivains sur Twitter, j’ai répondu à un défi lancé aux écrivains de n’écrire que ce qu’on a VRAIMENT envie d’écrire. N’ayant pu choisir entre mes projets en français et mes projets en anglais, je n’ai terminé ni l’une ni l’autre de mes nouvelles… Cependant, l’exercice m’a bien plu et j’insère ici un court extrait de ma nouvelle en chantier Le scoop d’Élodim.

Elle anticipe le décompte – ce serait bientôt sa chance. Elle est nerveuse, mais confiante. Elle remercie à nouveau le ciel qui a fait en sorte que ses collègues soient tous affectés à la couverture de l’élection municipale, qui s’annonce serrée. Peu importe, par contre, puisque ce serait elle la prèmière à faire éclater le récit de la folle enfermée chez elle avec un bébé n’étant pas le sien.

Dans l’oreille, l’écouteur  la connectant à la station, devant elle, le trépied et la caméra-vidéo mobile, ajustés tant bien que mal à la position qu’elle juge idéale pour son reportage: la maison assiégée et les voitures de police directement derrière elle. Puis, la voix de sa collègue dans l’écouteur:

– Mais avant de nous rendre aux quartiers-généraux de cette candidate à la mairie, rejoignons notre reporter Élodim Gustave, qui est sur place, là où la police surveille le lieu d’un présumé enlèvement. Élodim, pouvez-vous nous parler de ce qui se passe là-bas?

Élodim hoche de la tête d’un air qu’elle espère sérieux et professionnel.

– Oui, Louise. Vers 16h cet après-midi, la police a reçu un appel annonçant qu’un enfant était enfermé à l’intérieur de cette maison derrière moi – un enfant enlevé, kidnappé. Le service policier a envoyé une auto patrouille et, une fois arrivée sur les lieux, l’équipe n’a pas eu de réponses à la porte sauf une personne qui s’est écriée – et je cite l’agent de police: « Y’a un fusil – attention au bébé! » Les agents ont appelé du renfort – que vous voyez derrière moi – et ont assiégé la maison.

Je me remets à l’écriture dès demain.

À la recherche de gazouillardages sur l’écriture

En œuvrant à la récriture d’une nouvelle pour un concours, j’ai fait appel à mon frère pour m’aider à resserrer la narration (et le nombre de mots). Suite à plusieurs communications interurbaines par téléphone et par courriel, je suis satisfaite du résultat et me prépare à expédier au concours avec une grosse semaine d’avance sur la date de tombée.

Le processus, cependant, a soulevé une question qui me tracasse. En me suggérant de réviser les temps de verbe de certains paragraphes, mon frère m’a demandé « N’as-tu pas de collègues écrivains avec qui tu pourrais travailler tes textes? » En fait, non, frérôt, c’est toi et ma belle-sœur, mon cercle d’écrivains. J’ai un Writers’ Group pour mon écriture en anglais, j’ai aussi un Cercle d’écrivains dramatiques/dramaturgique, mais pas de collègues avec qui discuter mes nouvelles ou mes extraits de roman.

Je n'attends que le signe # pour gazouillarder...

Je me suis donc mise à la recherche de collègues en ligne. Je gazouille sur Twitter et je suis/lis des blogues. Peut-être y a-t-il là des pistes pour me sortir de l’isolement d’écrivain?

J’y ai trouvé des ‘Tweet Chat’ tels que #writestuff et #emlyn(NovelPublicity) sur Twitter, mais je n’ai pas trouvé de gazouillardages pour écrivains francophones. Cela existe certainement, je ne les ai tout simplement pas encore dénichés. La quête continue.

J’ai posé la question aux organismes auxquels je suis abonnée sur Twitter et j’attends leurs réponses. Entretemps, c’est ma famille à qui reviendra l’honneur de me relire et de me donner coup de main et critiques afin de peaufiner mes textes. Et je l’en remercie énormément.

Meurtre littéraire – un succès

Dans le cadre de la Fête de la culture, en partenariat avec la bibliothèque publique de Toronto, Productions Nemesis a monté ma pièce interactive Meurtre littéraire. Interprétée avec brio par Sonia D’Amico et Barbara-Audrey Bergeron, la pièce a suscité de nombreux commentaires:

« C’était vraiment amusant. » – Céline Marcoux-Hamade, bibliothécaire et participante

« Le rire est de la partie du début à la fin. » – Christiane Beaupré, journaliste et participante

« Juste un petit mot pour vous remercier d’avoir organisé l’activité d’hier après-midi. C’était tellement le fun! » – Michele Villegas-Kerlinger, participante

« Ce fut un grand plaisir pour nous de participer à votre activité Meurtre littérarie. L’activité a capté l’esprit et les objectifs de la Fête de la culture : le contact avec des artistes, interactions, la participation dans une processus créatif, et en plus, dans une espace culturelle vibrante comme la bibliothèque qui souligne la démocracie culturelle pour tous les citoyens – BRAVO ! » – David Moss, directeur de la Fête de la culture et participant

Pour voir des extraits de la pièce, cliquez ici.

Pour lire l’article de Christiane Beaupré du Métropolitain, cliquez ici.

Pièce de théâtre interactive: « Meurtre littéraire »

Intrépide détective élucide un mystère
Une intrépide détective, interprétée par Barbara-Audrey Bergeron, tentera d'élucider le meurtre mystérieux de la bibliothécaire.

Reprenant un succès de l’an dernier, la troupe de théâtre communautaire  Productions Nemesis vous invite à venir élucider le meurtre mystérieux de la bibliothécaire le samedi 29 septembre 2012 à 14 h 00 et à 14 h 45 à la bibliothèque centrale de North York (5120, rue Yonge, Toronto), dans le cadre de la Fête de la culture.

Afin de ne rien manquer et de déchiffrer tous les indices de ma pièce de théâtre interactive Meurtre littéraire, assurez-vous d’apporter vos gadgets dernier cri, surtout vos téléphones mobiles, qu’il ne faudra PAS éteindre lors de cette activité théâtrale interactive.

Celles et ceux qui le voudront pourront partager leur numéro de téléphone avec la troupe et courir la chance de jouer un rôle essentiel au déroulement de la pièce (script fourni, improvisation bienvenue!). Tel un dîner-théâtre, mais sans bouffe (on n’a pas la permission d’apporter de la nourriture dans une bibliothèque), les participant(e)s sont invités à suivre l’intrigue et à déterminer qui, dans l’audience, est le ou la coupable.

Productions Nemesis, troupe de théâtre communautaire bilingue, a monté des spectacles à Ottawa, à Hamilton, à Montréal et à Toronto et désire donner aux gens la chance d’écrire, de jouer, de diriger, et de réaliser pour la scène, dans les deux langues officielles.

En collaboration avec la Fête de la culture et le Neighbourhood Arts Network, la bibliothèque publique de Toronto accueille plus de 30 artistes et organismes artistiques de Toronto dans une série de ses succursales, aux quatre coins de la ville.

Meurtre littéraire – à bibliothèque centrale de North York, 5120, rue Yonge
Toronto, Ontario, le samedi 29 septembre, 2012, à 14 h 00 et à 14 h 45.

Au plaisir de vous voir parmi les suspects!

Astuces de déblocage

Il m’arrive – d’après moi, trop souvent – d’être victime d’angoisse de la page blanche. Pourtant, ce syndrome n’est qu’un mythe; il s’agit de ne pas se laisser prendre. Ainsi, lorsque l’angoisse, ou sa petite soeur la temporisation, se présente, j’ai quelques astuces pour continuer à écrire. Je ne me mets pas nécessairement au projet d’écriture du jour mais, à tout le moins, je me mets à l’écriture qui s’impose.

Voici quelques pistes que j’ai utilisées pour me remettre à la tâche:

– Faire une recherche Internet pour des nouvelles insolites. Ces histoires cocasses et invraisemblables peuvent en inspirer d’autres. Cette astuce a mené, entre autres, à ma nouvelle À l’air.

– Ouvrir un livre (que l’on n’a pas encore lu) et en copier une phrase. Écrire la suite. Quelques lignes peuvent suffire pour revenir à la page blanche qui angoissait l’instant précédent. On peut aussi copier une phrase d’un gazouillis (tweet) ou d’un article d’actualité.

– Prendre note des conversations autour de soi, dans le transport en commun, dans un ascenseur, dans un restaurant ou un café. Quelles questions surgissent? Quels personnages s’imposent? C’est plus simple de laisser aller son imagination si on ne fait pas partie de la conversation, mais sait-on jamais, peut-être que vos amies et amis n’auront pas objection à ce que vous quittiez subitement la salle pour aller écrire quelques bribes de texte.

– Entretenir un cahier de rêves. Il s’agit de garder, sur sa table de chevet, un calepin de notes dans lequel on transcrit ses aventures nocturnes. (Vraies ou rêvées, c’est selon.) L’imagination est sans limites lorsqu’on dort. Il faut en profiter. Il faut aussi noter dès que possible au réveil, sinon, on risque de perdre le souvenir d’un rêve marquant. Quelques mots peuvent suffire pour se remémorer des scènes. Plus tard, lorsque l’angoisse de la page blanche se manifeste, relire ses rêves pour éveiller l’inspiration. C’est un rêve qui a inspiré ma nouvelle Timothy’s Blanket.

D’autres astuces peuvent aider écrivains et écrivaines à se remettre à la tâche. Prendre une marche solitaire à l’extérieur, par exemple, ou changer d’environnement. Au fond, il s’agit de ne jamais ne pas écrire…

Vous avez d’autres astuces à suggérer? Donnez-m’en des nouvelles!

Quand écrire

Une décennie trop tard, je me rends compte que j’avais bien du temps libre avant. Lors de ma vingtaine, j’aurais dû profiter de mon peu de responsabilités pour écrire, écrire, écrire. Mais quand on a tout notre temps, on en profite peu.

Comme on dit : Si tu veux faire accomplir quelque chose, donne-le à une personne occupée. J’ai toujours écrit, mais mon écriture s’est revigorée une fois que j’avais un emploi à temps plein et une hypothèque à payer; un mari et un bébé à aimer. En fait, c’est durant mon congé parental que je redoublais d’efforts pour me trouver des bribes de temps pour écrire; entre tétées, entre sorties aux centres de la petite enfance, entre dodos mérités.

Quand écrire?
Trouver le temps d'écrire peut être un défi

Ça demeure un défi de trouver le temps d’écrire, mais j’en ai toujours l’envie. L’astuce, c’est de résister l’appel du stylo lorsqu’au travail à temps plein ou lorsqu’avec ma famille, mais tout de même de prendre des notes pour ne pas perdre mes idées du moment lorsque viendra le temps de laisser couler l’encre. Quand j’aurai une minute.

L’arbre de la francophonie

Lorsqu’il fut question d’ajouter un mot à l’arbre de la francophonie du Consulat général de France à Québec, j’ai hésité. Il me fallait le mot parfait, original, obscur, intriguant, digne d’une auteur qui se respecte. J’y ai trop songé et j’ai presque abandonné rendre visite à l’arbre lors d’un court séjour à Québec.

L'arbre de la francophonie à Québec

Mais une fois à côté de l’arbre, j’ai décidé de ne plus m’inquiéter. Mon mot, peu importe lequel,  serait en bonne compagnie. Sur d’autres rubans flottaient « effervescent », « inconcevable », « curieux » et « bicyclette ». La francophonie qui flotte au vent, c’est excellent pour contrer la panne de l’écrivain. J’ai cessé de me casser la tête et d’y aller avec mon mot coup de coeur, qui a toujours été « imagination », pour souligner le leitmotiv de tout artiste.

Bilan final: nos mots pour l’arbre de la francophonie étaient « imagination », « crépuscule » (de ma mère), « mignonnes » (en honneur de mes nièces en devenir) et « autobus » (de mon fils). Et, bien que ce soit un commentaire général et générique, une attachée du Consulat nous a fait bien plaisir en affirmant « Que ces mots sont beaux ».

Autre image de l’arbre.

L’image qui vaut 1 300 mots

Lorsque j’ai décidé de publier des versions électroniques de mes nouvelles À l’air et Sur le seuil (publiées d’abord dans la revue littéraire Virages), il me fallait les bonnes images pour leur servir de pages couverture.

Sur le seuil, texte d'A.M. Matte, photo de leilah vayid
Sur le seuil, photo de leilah vayid

Heureusement, je connais bien la photographe leilah vayid, qui est sautée sur le défi. Je lui ai demandé une photo d’une porte d’entrée intéressante (elle s’est promenée en ville et a pris plus de 50 photos avant de tomber sur celle que j’ai choisi) et, pour pousser les limites davantage, une photo d’un soutien-gorge contre un ciel ensoleillé. leilah a passé près de deux heures à photographier le soutien-gorge en question. L’image gagnante est celle qu’elle a prise en contre-plongée, couchée sur le sol, les cheveux dans les cailloux.

À l'air, texte d'A.M. Matte, photo de leilah vayid
À l'air, photo de leilah vayid

Mes nouvelles Sur le seuil et À l’air seront bientôt disponibles en ligne. Entretemps, vous pouvez lire ma nouvelle Secrets, disponible ici ou dans le numéro 54 de la revue Virages. L’image de la jeune femme en page couverture de Secrets est aussi une photo prise par leilah vayid.

Consultations sur les langues officielles 2012 : Perspectives d’avenir

Alphabet langue françaiseEn mai 2012, le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles a lancé une série de consultations pancanadiennes sur les langues officielles menées par le gouvernement du Canada. Les Canadiennes et les Canadiens sont invités à identifier les défis et priorités actuelles liés aux langues officielles et à la dualité linguistique et auxquels le gouvernement devrait consacrer ses efforts au cours des prochaines années.

Vous pouvez remplir le Questionnaire en ligne ici: http://www.pch.gc.ca/fra/1337699948163

Voici quelques extraits des commentaires que j’ai partagé via le questionnaire:

– Des ressources remises aux organismes provinciaux/territoriaux ainsi qu’aux organismes locaux assureraient d’avoir un impact direct sur les Canadiennes et les Canadiens. Ceci inclut des ressources investies en services aux familles et aux enfants, aux étudiantes et aux étudiants, aux entrepreneures et entrepreneurs, aux personnes âgées et aux immigrantes et immigrants. L’impact le plus direct est important, mais il faut aussi s’assurer d’avoir un impact durable.

– Les services pour les familles, pour les enfants, pour les adolescents, pour les nouveaux arrivants, en français, sont cruciaux! Ce n’est pas suffisant que d’avoir droit aux services, il faut qu’ils soient accessibles et de bonne qualité, sinon, nous ne sommes plus que des citoyennes et citoyens de deuxième classe.

– Les francophones naviguent, discutent, gazouillent en français. Il serait important de soutenir la présence et l’espace francophone sur Internet, qui est et doit être, de nos jours, bien plus que quelques pages web bilingues.

– Si le gouvernement tient à livrer des programmes de qualité à ses communautés en situation minoritaire, comme il le devrait, il s’agit de donner les ressources nécessaires aux communautés pour leur épanouissement. Cela commence par un financement adéquat et dans les délais aux organismes communautaires, bien sûr, et s’accentue par un appui moral, politique et bureaucratique de la part du gouvernement auprès de ces organismes et des communautés qu’ils servent.

Certification en création littéraire

A.M. Matte et Lee Gowan, Chef du programme de création littéraire de l'Université de Toronto

Je ne sais pas si c’est parce que c’est ma graduation la plus récente ou parce que c’était mon parcours scolaire le plus amusant, mais j’ai un peu l’impression que je suis plus fière de ma certification en création littéraire (Université de Toronto) que de mon baccalauréat en journalisme, science politique et études africaines (Université Carleton) et de ma maîtrise en communications (Université d’Ottawa) – dont je suis déjà très, très fière. (Peut-être parce qu’en même temps j’ai donné naissance et élevé un poupon?)

Je remercie mes profs et mes collègues de classe qui ont contribué à ma réussite, en particulier ma mentor, la dramaturge Colleen Murphy, qui m’a conseillée et guidée lors de l’écriture de mon projet final, ma pièce de théâtre Seven Dragon Happy-Go-Lucky Golden Garden House of Foo(d).