Le grand Michel Tremblay

Ce n’est pas à tous les jours que l’on a la chance de rencontrer son idole en personne. Alors le jour où j’ai entendu Michel Tremblay lire un extrait de La traversée du continent et discuté avec lui un moment (le temps qu’il autographie les trois livres que j’avais avec moi), j’ai été comblée.

Michel Tremblay autographie un de ses romans
Michel Tremblay à la bibliothèque de Toronto

L’oeuvre de Michel Tremblay est incontournable* et inspirante. C’est un talent particulier qui décrit, à lui seul, une ère. Les Canadiens français – le monde entier, même – doivent une fière chandelle au chroniqueur de la vie des Nana, des Albertine, des Pierrette, des Paul, qui, sans lui, n’auraient jamais eu leur voix, leurs mots, résonner aux quatre coins du globe.

 

* J’ai même joué le rôle d’Olivine Dubuc, la vieille dame de 93 ans en chaise roulante dans Les belles-soeurs, au secondaire. Elle n’a que six répliques, mais sans sa dernière, la pièce ne peut terminer…

 

Chasseurs de liens retour (backlinks)

« Ce site web est franchement utile, et fascinant. Il m’a indubitablement été utile. Je souhaite que ce site puisse donner tant aux autres lecteurs qu’à ma personne. Félicitations. »

« Salut, j’ai consulté votre forum et j’ai découvert des sujets palpitants. J’espère que vous me laisserez faire suivre certaines de vos idées pour parfaire mon site internet. Je vais donner votre adresse auprès de mes connaissances et je suis sur que vous aurez énormément de visites. »

« Écrits très informatifs; continuez! »

Merci, c’est très flatteur!

Dommage que ce soit de faux commentaires fabriqués par des chasseurs de liens retour. Rien de mieux que des compliments pour arnaquer! Reste à souhaiter qu’un jour les commentaires positifs seront véritables.

Prix de reconnaissance communautaire

A.M. Matte et statuette (Pascal Demonsand) de Théâtre Action
A.M. Matte et le Prix de reconnaissance communautaire

En juin 2011, j’ai eu l’honneur de participer à la soirée gala de remise des Prix de reconnaissance de Théâtre Action. J’y étais en tant que membre du collectif d’auteurs de la pièce Communicata 2010, qui se voulait un regard humoristique sur la question des registres et des accents du français.

Jouée à guichets fermés par les Indisciplinés de Toronto, Communicata 2010 était la culmination de plusieurs mois de travail intense par une cinquantaine de personnes. C’est pourquoi l’effort collectif de ces «indisciplinés» a été reconnu par Théâtre Action, «pour l’originalité de leur démarche artistique, leur audace, le caractère rassembleur, l’impact sur leur communauté et surtout pour la qualité de leur travail.»

Nous étions quatre à représenter le collectif lors du gala, mais avons fêté comme si nous étions cinquante. C’étaient nos Oscars (c) à nous.

Page vierge

6 h 27. Dimanche matin.

Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas eu l’impression d’avoir à sauter la première page de mon nouveau calepin de notes avant d’écrire. D’habitude, je ressens une pression immense – auto-imposée, bien sûr – d’écrire la perfection dès le nouveau calepin ouvert. La page blanche (ou lignée) implore le mot parfait, la phrase bien exprimée, le calembour bien songé. Il y a des années, j’ai décidé que la meilleure façon pour moi d’éviter de figer devant la première page d’un nouveau calepin (surtout que je suis bien la seule à en lire le contenu) était, tout simplement, de la laisser vierge et de passer à la prochaine. Ainsi, si jamais je tombe sur la phrase parfaite, j’aurai un endroit de choix pour elle.

Mais ce matin, éveillée avec le sourire vers 5 h 15, bouleversée par un rêve tout simple, je me suis levée pour écrire le personnage que j’avais incarné pendant la nuit. J’en ai rempli plusieurs pages de mon calepin, au point où il ne m’en restait plus et j’ai dû choisir un nouveau calepin. Que j’ai ouvert à la première page, sans hésiter, pour continuer mon histoire.

Remerciements à l’AAOF

Des remerciements tardifs, mais sincères, pour le programme de compagnonnage littéraire de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français:

En 2010-11, j’ai eu la chance d’être chapeautée par Monsieur Paul Savoie, auteur reconnu habitant Toronto, pour travailler mon roman: La face cachée du bonheur.

Nous avons entamé le processus de révision du roman par voie électronique, Paul me guidant dans la réécriture du roman, un chapitre à la fois. Ses commentaires principaux étaient de ralentir l’action, de donner un rythme plus lent au roman et de porter plus d’attention aux détails. Paul m’a poussée à décrire plus longuement les moments clés de l’intrigue et de réfléchir aux thématiques que j’insérais dans le roman.

Paul me l’a souvent répété lors du processus de réécriture : « l’essentiel, c’est de prendre son temps. » Sur les huit mois de travail, son encouragement constant et ses conseils ont fait de La face cachée du bonheur un document plus complet, plus lisible et plus solide.

Je ne peux assez remercier l’AAOF de cet apprentissage. Ce que j’ai appris et retenu lors de ce travail me servira encore longtemps lors de mes prochains projets d’écriture. Le programme de compagnonnage littéraire de l’AAOF est non seulement un atout à l’auteur en devenir, mais aussi, je l’espère, pour l’auteur qui accompagne. Je souhaite longue vie à ce programme !

 

« Tu me prêtes tes ailes quand je veux m’exprimer »

Rapidement composé en honneur du 20e anniversaire de la Semaine nationale de la Francophonie, une ode à la langue française:

Le drapeau franco-ontarienLe drapeau franco-ontarien   © Marinade (Radio-Canada)

Toi qu’on dit romantique ou trop compliquée,

Tu me prêtes tes ailes quand je veux m’exprimer

Lorsqu’à temps je recouvre les mots qui s’ouvrent

À moi; en moi, je te sens danser, balancer.

On te chante et tu te fais troubadour

Tu enchantes et sers d’hymne à l’amour

Tu accentues les accents tus

Tu es belle, des inflexions aux calembours.

Ma bouche, ma langue, ton lit douillet

Comment expliquer tout ce que tu es

Lorsqu’à tant tu fais peur, je te tiens dans mon cœur :

Il y a des choses qui ne se disent qu’en français.

Excès poétique

Statue de bronze d'Al Purdy, Queen's Park
Statue de bronze d'Al Purdy, Queen's Park, Toronto, Ontario

 

Rédigé en un élan d’automne l’an dernier:

L’odeur croustillante des feuilles dorées, ambrées, qui virevoltent en un dernier cri de vie avant de sombrer dans l’amas où je plonge, emplit la fraîcheur qui dément la présence des sans-abris partis à l’aube. Un rayon se faufile entre les branches pour caresser la joue de bronze d’Al Purdy qui fixe son regard sans vue au delà de Queen’s Park.

Défi d’écriture

Nouveau défi: rédiger un très court texte d’une histoire vraie, nommer – sans camoufler – les personnages et faire le tout en moins de 100 mots.

Voici ce que ça donne:

L’aveu

De cinq ans mon cadet, il était devenu mon meilleur ami et mon chauffeur d’occasion; il avait accès à la voiture de ses parents et un permis de conduire là où je n’en avais pas.

Interrompant notre périple vers le campus universitaire en stationnant dans un cul de sac résidentiel, il était agité et désireux de révéler ce que je redoutais être un aveu d’amour que je ne saurais réciproquer. Je fus donc non seulement soulagée mais ravie lorsque Guy dévoila plutôt son homosexualité.

« Eille, c’est super, ça! » dis-je bêtement.

Nous avons célébré son coming-out toute l’année.

 

Prologue

Dès qu’il s’écria « Je t’aime, je t’aime ! » au moment ultime de jouissance, Zénithe se dit qu’il lui fallait laisser tomber l’homme qui se trouvait entre ses jambes. Elle n’avait aucun intérêt pour les déclarations d’amour – qu’elles soient vraies ou fausses – lors de moments d’extase. À présent distraite, elle interrompit les ébats – il ne s’aperçut de rien – et songea à l’endroit auquel elle dénicherait son prochain amant.

Zénithe avait déjà décidé qu’elle ne parlerait pas de cette toute dernière liaison à Lucie. Elle voulait s’épargner le regard et le ton déçus de son amie; Lucie qui, malgré tout, croyait toujours en Le Grand Amour.

Elle repoussa la couverture et le bras d’homme qui reposait sur sa poitrine. Elle enfila rapidement sa chemise et son pantalon, empochant ses sous-vêtements d’une main habituée.

« Tu reviens au lit, bientôt, Trésor ? » lui murmura-t-il, les yeux fermés.

À peine quelques années plus jeune qu’elle, il lui semblait tout d’un coup un garçonnet plutôt que l’homme au physique de taureau avec qui elle était sortie plus tôt en soirée. Trésor. Zénithe secoua la tête, découragée. Cela lui prendrait plus d’une discussion avant de se débarrasser de celui-ci, elle le sentait.

 

…à suivre dans La face cachée du bonheur

Hors d’oeuvre de choix

Un courriel plaisant à recevoir:

Bonjour et félicitations !
Vous êtes notre choix du jour : http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/01/gateau-pas-cuit.html
N’hésitez pas à partager la nouvelle avec vos contacts.
Merci d’avoir participé au défi d’écriture Hors d’oeuvres !
– Zone d’écriture de Radio-Canada

 

Hâte de savoir ce que ma Grand-Maman en pense…