Un nom qui en dit long – 2

Suis-je la seule qui nomme encore ses pommes selon la lettre d’alphabet à laquelle la tige a tombé?

tigedepomme

Depuis mon enfance, j’aime nommer les choses. Mes peluches, mes poupées, même mes pommes, avant de les croquer (les pommes, pas les poupées).

Maintenant, ce sont mes personnages que je nomme – mis à part mon fils, que j’ai aussi eu plaisir à nommer – tentant de ne pas utiliser le même nom deux fois (j’ai, une fois, nommé un personnage d’une de mes pièces « Sandrine », ayant oublié que je l’avais déjà fait quelques années auparavant. La deuxième Sandrine est devenue Cassandra).

Récemment, j’ai débuté une nouvelle nouvelle sans avoir nommé mon personnage principal de prime abord. Il est rare que je n’aie pas déjà donné de nom à qui que ce soit avant d’écrire – à l’habitude, c’est la première chose que je fais: je nomme. Il m’arrive même, comme dans le cas de Secrets ou A Treat, de n’écrire la nouvelle que parce que j’ai été inspirée par un nom. 

Mais pour cette nouvelle, « elle » n’a pas eu de nom pour plusieurs paragraphes et plusieurs mois. Il m’a fallu consulter ma liste de noms à utiliser à de maintes reprises avant de choisir de nommer ce personnage principal Ya’el.

J’aime en particulier les noms moins utilisés, dont on se souvient. À tel point que lorsque j’ai nommé un personnage Jean, c’était pour qu’un autre personnage se moque de l’ordinaire de son nom (avec mes excuses aux « Jean » qui me liraient…). Ce qui explique les Naïa, Loewen, Capucine, Reine, Idris, Nelles, Dafenid, qu’on retrouve entre mes pages et sur mes scènes. Cela fait en sorte que mes personnages aux noms plus standards, les Viviane, Michel, Esther, James, sont rendus, par défaut, plutôt uniques dans mes écrits.

On me demande, à l’occasion, d’où je pige ces noms. Pour ne nommer que quelques exemples: je prends note des noms aux sonorités intéressantes que je vois dans des génériques de films, dans des anciens bottins téléphoniques, dans  mon entourage, et je les ajoute à une liste que je consulte lorsque j’ai besoin de nommer quelqu’un. Et parfois, même, que je consulte pour inspirer une nouvelle histoire.

Vous, comment vous prenez-vous pour nommer des personnages? Y a-t-il des noms que vous considérez particulièrement évocateurs? Faites m’en part dans les commentaires.

Un nom qui en dit long – 1

Voilà un an que je me promets d’écrire cet article, puisque les noms de personnages m’importent beaucoup. Mais plutôt que de m’élancer là-dedans ici, je me permets de discuter d’un nom qui m’est encore plus cher, celui de mon fils.

Lorsqu’est venu le temps de nommer l’enfant en devenir que je portais, c’était comme nommer tous mes personnages d’un trait, avant même de concevoir leurs histoires. Nommer un personnage est un tâche énorme. Nommer son enfant est une tâche gigantesque, faramineuse.

Ainsi, pour nommer mon fils, il fallait d’abord respecter la tradition juive d’honorer les noms de nos ancêtres. Entre moi et mon conjoint, nous avons sept grands-pères, et il fallait tous les inclure. En plus, les décès plus récents de ma belle-mère et de la marraine de mon conjoint ont fait que nous voulions honorer ces femmes également. Enfin, je ne voulais pas, non plus, manquer d’honorer ma grand-mère en lui attribuant une parcelle du nom de mon fils.

Ensuite, je voulais m’assurer de ne pas faire trop ordinaire en nommant mon enfant. Je prend grand peine à nommer mes personnages, les voulant uniques – pareil pour mon fils.

Résultat: Rohan Uriel Sha’ul – prénoms bien songés pour mon bébé, comme le confirme cet article du Toronto Star.

Et ce n’est qu’après l’avoir nommé, ce bébé, qu’on m’a fait savoir que Rohan est aussi le nom d’une contrée dans Le seigneur des anneaux – coincidence littéraire amusante (ça m’aura appris à ne pas avoir terminé la lecture de cette trilogie…)!

Un article de journal fait l'erreur de nommer mon fils Nicolas plutôt que Rohan.

Parfois, malgré tout le travail qu’on met à nommer, des erreurs se glissent… Ici, on renomme Rohan en Nicolas – comme son ancêtre, justement…!