Oulipo 101 – atelier à la bibliothèque de Toronto

Je me suis amusée à faire des exercices d’écriture lors d’un atelier à la mode Oulipo à la bibliothèque de Toronto cette semaine.

Voici le résultat d’un des exercices d’écriture, qui demandait que l’on utilise tous les mots de la liste suivante, dans l’ordre, puis dans l’ordre inverse.

 

Histoire, Paisible, Croissant, Doigts, Stylo, Réalité, Ambition, Enchanteresse

Cela faisait plusieurs mois qu’elle se disait qu’elle devrait raconter son histoire. Son point de vue. Rectifier les rumeurs.

Elle avait voulu attendre le moment parfait, le moment propice pour écrire, mais le calme, le paisible, ne faisaient pas partie de son quotidien. Elle se contenta d’un samedi matin suite au petit-déjeuner.

Le beurre du croissant crassait encore ses doigts et elle avait peine à agripper son stylo. Elle s’attaqua au papier pour y poser sa réalité – la vraie histoire, la vérité. Sa seule ambition était de se faire comprendre. La notoriété qui accompagnait les titres d’enchanteresse, de sirène, de séductrice manipulatrice était lassante. Ce tout était entièrement faux et elle allait le prouver.

« Ma réputation d’enchanteresse, de méduse, est injuste. Ce n’est pas parce qu’une femme a de l’ambition qu’on doit la détruire. La réalité est simple : un style hautain, une sophistication, une recherche constante de qualité fait peur.

Vous qui n’êtes que moutons, qui ne cherchez que l’anodin, laissez filer la beauté et la liberté entre vos doigts. Je ne sais pas comment vous faites pour passer d’un jour à l’autre sans un désir croissant d’accomplir quelque chose de grand, d’unique.

Alors, comprenez-moi quand j’affirme qu’Auguste s’est défait des chaînes paisibles et ennuyeuses du quotidien entièrement par lui-même et a quitté l’entreprise de son propre gré afin de réécrire son histoire.

Si les parts ont chuté, j’en suis désolée, mais je n’en suis pas pour autant responsable. »

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

En cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, je partage avec vous la discussion que j’ai eue avec Denise Truax des Éditions Prise de parole au sujet de la lecture, du monde de l’édition, du droit d’auteur et du rôle d’Internet dans la question. Nous voici à l’antenne de l’émission Grands Lacs café de Radio-Canada: http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=1181258 

Je vous invite aussi à lire le billet que j’ai écrit l’an dernier au sujet de la JMLDA.

Appui du Conseil des arts de l’Ontario

LOGO CAO 50e

 

Un grand merci au Conseil des arts de l’Ontario, qui m’a accordé une subvention pour travailler ma pièce de théâtre Pas de chicane dans ma cabane (titre provisoire). La pièce se passe simultanément en 1944 et en 2002, dans le même espace.

Viola, en 1944, et Capucine, en 2002, se retrouvent toutes deux seules et prises au dépourvu dans une vieille maison fermière d’un village à 300 km de route de la métropole d’où elles viennent. Viola, nouvellement mariée, vient de perdre la trace de son mari qui a été happé par la conscription; Capucine se remet d’une détérioration de couple suite aux attentats du 11 septembre à New York. En apprivoisant leur nouvel entourage, chacune des femmes apprend à s’adapter, à sa façon, à son entourage rural.

Puisqu’elles partagent le même endroit physique, Viola et Capucine se côtoient, mais n’interagissent pas. Cependant, elles se rendent compte qu’elles peuvent tout de même communiquer par écrit malgré le temps qui les sépare. Un troisième et un quatrième personnage, joués par une seule comédienne, servent de voisine et de meilleure amie des protagonistes, questionnant l’état d’esprit de Viola et de Capucine, qui s’imaginent une complicité d’une part avec une femme qui n’est pas encore née et d’autre part avec une femme qui doit être depuis quelque temps décédée.

Lors du travail de recherche artistique et d’écriture, je me questionnerai sur le pouvoir des mots, en particulier sur la puissance du monologue et la viabilité de textes suggérant un dialogue sans en être un. Ce sera un défi particulièrement intéressant de réfléchir aux paroles, aux mouvements et au positionnement des comédiennes qui jouent des personnages interagissant dans un même espace tout en transmettant l’idée que ces personnages ne sont pas dans cet espace physique en même temps.

Enfin, au-delà du travail d’écriture et de l’histoire que je veux conter, il m’est important de créer des personnages féminins pour la scène. Proportionnellement, il y a encore trop peu de rôles pour femmes au théâtre; ma pièce en propose quatre de plus.

Merci encore au Conseil des arts de l’Ontario pour cet appui à mon écriture.

Semaine littéraire

Ce fût une belle semaine littéraire pour moi –

WherePigeonsRoostLaunch-AMMetlivre1-petit

 

* j’ai lancé mon recueil de nouvelles en anglais, Where Pigeons Roost, disponible via Amazon et bientôt disponible via ce site web;

 

Des piles du livre Ce que l'on divulgue, avec l'image d'un visage féminin sur fond rouge

 

* j’ai reçu mes exemplaires de mon recueil de nouvelles en français, Ce que l’on divulgue, qui sera lancé le 7 décembre au Salon du livre de Toronto; et

 

Sur fond de la ville de Toronto, un livre est ouvert à la première page de la nouvelle Abîme par A.M. Matte

 

* j’ai obtenu ma copie du tout récent numéro de la revue littéraire Virages, dans lequel se trouve la traduction de ma nouvelle Abîme (également publiée en anglais dans Where Pigeons Roost).

 

Avec tout ce qui se passe, je trotte un peu sur des nuages et je n’ai rien écrit de nouveau, ni rien révisé, ni rien mis en page, depuis plusieurs jours.  Il y a les défis de la Zone d’écriture de Radio-Canada qui m’interpellent, ainsi que d’autres nouvelles qui exigent mon attention, alors je ne suis pas sans travail. Il faudrait que je m’y remette.

Après tout, ce n’est pas sans écrire que je continuerai dans cette lignée. À l’oeuvre!

Where Pigeons Roost à Radio-Canada

J’écris en français et en anglais et, au cours des prochaines semaines, je lance deux recueils de nouvelles, un en anglais, Where Pigeons Roost, et un en français, Ce que l’on divulgue.

S’exprimer en plus d’une langue a plusieurs avantages, tel que l’ont indiqué diverses études, dont celle-ci et celle-ci. En plus des avantages cognitifs, tels qu’une concentration et une créativité accrues et le ralentissement du vieillissement du cerveau, parler plus d’une langue peut aussi être avantageux du côté économique.

Et pour une auteur, l’habileté de pouvoir créer en plus d’une langue permet une étendue plus large d’expression – et de public.

Pour ma part, un autre avantage: être invitée à discuter en français de mon recueil en anglais. Le résultat: cette entrevue à Radio-Canada sur Where Pigeons Roost.

Reste à voir si un réseau anglophone voudrait bien discuter en anglais au sujet d’un recueil en français – je vous en donnerai des nouvelles.

A.M. Matte derrière le livre Where Pigeons Roost, dont la couverture présente une volée de pigeons

Bilan – Séance de lecture

La première séance de lecture que j’ai organisé avec mes collègues écrivains de langue anglaise s’est très bien passée. Sous le thème Who You Calling Crazy, nous avons partagé nouvelles, récits et poèmes afin de partager nos écrits et de lever des fonds pour le Child Development Institute à Toronto (200 $ ont été remis au CDI).

Nous nous sommes beaucoup amusés et préparons une prochaine séance de lecture dès l’année prochaine.

La séance de lecture a également été mentionnée dans le journal Le Métropolitain.

Mes collègues écrivains lisant leurs textes au Free Times Café. Fellow writers sharing their pieces with the audience.

Mes collègues écrivains lisant leurs textes au Free Times Café.

Table-ronde au Salon du livre de Toronto 2012

DSC_7155karine_DxO_CMYK

Karine Boucquillon, Sonia Lamontagne, Daniel Groleau Landry et A.M. Matte discutent de l’écriture de leur premier livre avec Paul Savoie. (photo de Guillaume Garcia)

Le mois dernier, je participais à une table-ronde intitulée Comment j’ai écrit mon premier livre lors du Salon du livre de Toronto. J’ai partagé la scène avec trois auteurs « de la relève » et avec notre animateur, l’auteur Paul Savoie, mon mentor.

Nous avons discuté de notre processus de cogitation et d’écriture, de la révision et de l’édition, ainsi que de la particularité d’écrire en français en Ontario.

Lire un article de l’Express de Toronto au sujet de la table-ronde ici.

Bureau d’écriture

Un défi de la Zone d’écriture de Radio-Canada nous fait songer à nos espaces de travail, nos bureaux d’écrivains.

Mon bureau de travail: un coin de la table à manger, le métro, un parc, la bibliothèque, le sofa devant la télé (:/) – partout, quoi!

Pourquoi?

Mon bureau tel que je l’imagine: ordonné, calme, serein.

Mon bureau tel qu’il est : un amas de paperasse, un fouillis d’écrits et de lectures, un taudis chéri de notes et d’idées dont je ne parviens à me débarrasser.

J’y écris rarement, mais je range dans mon bureau  chaque bout de vie, chaque étincelle que l’inspiration daigne me confier. Ensuite, j’y fais le ménage, comme dans ma tête, afin de trouver la bonne suite des mots.

Ces images sur Pinterest: http://pinterest.com/pin/532269249679798804/

Nouvelle nouvelle

J’ai été heureuse d’apprendre hier que ma nouvelle Nelles sera publiée dans le prochain numéro de la revue de création littéraire de langue française Virages en mars 2013, ayant pour thème: L’amour.com.

En voici un extrait:

C’était l’histoire des Kelly Hildebrandt qui avait penché la bascule vers une recherche de l’âme-sœur en ligne. Ce couple d’Américains partageant le même nom s’était rencontré sur Facebook, puis en personne, et s’était marié à peine huit mois plus tard. Elle avait effectué une recherche semblable, mais évidemment ce n’était pas avec le nom Nelles Viau qu’elle répéterait l’histoire des Hildebrandt.

Bien qu’elle ne voulait paraitre trop désespérée, Nelles se mit tout de même à remplir une panoplie de profils sur des sites de rencontre aussi variés les uns que les autres. Elle lança sa campagne en s’inscrivant à plusieurs sites et renoua avec Facebook. Elle se créa un profil doux et intime — photo d’elle avec son chat à l’appui, un profil sportif à peine exagéré, ainsi qu’un profil soulignant ses accomplissements professionnels, mais pas tous. Nelles craignait repousser des prétendants en paraissant trop compétente.

-— Un homme menacé par une femme de carrière n’est pas un homme comme il faut, remarqua son chat, Culbute.

— Voyons d’abord la récolte, se répondit-elle, ensuite on tranche.

Vous pourrez en lire davantage dans quelques mois!

Eurêka! Défi Twittérature

À chaque mois, la Zone d’écriture de Radio-Canada propose des « petites tortures littéraires sur Twitter ». En novembre, il s’agissait de se « prendre pour Galilée, Einstein ou Archimède et faire partager LA découverte du siècle » en moins de 140 caractères. On devait s’assurer d’utiliser le mot « Eurêka » dans notre propos.

J’y ai participé avec le gazouillis suivant:
eureka-gagnante.jpg

Puis, Eurêka! Défi remporté – merci à la Zone d’écriture, à La sphère et à Nicolas Langelier de Nouveau Projet.

http://zonedecriture.radio-canada.ca/2012/11/defi-twitter-zesphere-eureka-le-gagnant-est.html#.ULJkIo6mDzI

Le Prix reçu grâce au défi Eurêka! de la Zone d’écriture de Radio-Canada: iPod et calepin de notes. Photo à la page Facebook ici.

Depuis, je participe, en français et en anglais, à toutes les occasions de Twittérature que présente Radio-Canada. C’est une quasi-obsession…! Et c’est très amusant de lire les micro-histoires des autres gazouilleurs. À nos claviers!