Certification en création littéraire

A.M. Matte et Lee Gowan, Chef du programme de création littéraire de l'Université de Toronto

Je ne sais pas si c’est parce que c’est ma graduation la plus récente ou parce que c’était mon parcours scolaire le plus amusant, mais j’ai un peu l’impression que je suis plus fière de ma certification en création littéraire (Université de Toronto) que de mon baccalauréat en journalisme, science politique et études africaines (Université Carleton) et de ma maîtrise en communications (Université d’Ottawa) – dont je suis déjà très, très fière. (Peut-être parce qu’en même temps j’ai donné naissance et élevé un poupon?)

Je remercie mes profs et mes collègues de classe qui ont contribué à ma réussite, en particulier ma mentor, la dramaturge Colleen Murphy, qui m’a conseillée et guidée lors de l’écriture de mon projet final, ma pièce de théâtre Seven Dragon Happy-Go-Lucky Golden Garden House of Foo(d).

Page vierge

6 h 27. Dimanche matin.

Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas eu l’impression d’avoir à sauter la première page de mon nouveau calepin de notes avant d’écrire. D’habitude, je ressens une pression immense – auto-imposée, bien sûr – d’écrire la perfection dès le nouveau calepin ouvert. La page blanche (ou lignée) implore le mot parfait, la phrase bien exprimée, le calembour bien songé. Il y a des années, j’ai décidé que la meilleure façon pour moi d’éviter de figer devant la première page d’un nouveau calepin (surtout que je suis bien la seule à en lire le contenu) était, tout simplement, de la laisser vierge et de passer à la prochaine. Ainsi, si jamais je tombe sur la phrase parfaite, j’aurai un endroit de choix pour elle.

Mais ce matin, éveillée avec le sourire vers 5 h 15, bouleversée par un rêve tout simple, je me suis levée pour écrire le personnage que j’avais incarné pendant la nuit. J’en ai rempli plusieurs pages de mon calepin, au point où il ne m’en restait plus et j’ai dû choisir un nouveau calepin. Que j’ai ouvert à la première page, sans hésiter, pour continuer mon histoire.

Des histoires qui viennent de près et de loin

Mes voyages en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et, surtout, les gens que j’y ai rencontré, ont influencé mes écrits. Il y en a quelques-uns qui pourront même se reconnaître dans certains aspects de personnages d’Intolérance au velours, de La face cachée du bonheur et de mes nouvelles.

 

Passionnée de la lecture, de l’écriture et du théâtre…

J’adorais les livres même avant avoir appris à lire et la lecture était mon passe-temps préféré – avec l’écriture. Bien avant de mettre plume sur papier, dès l’âge de six ans, j’inventais du théâtre avec mon petit frère dans le salon de notre demeure, où nous présentions nos œuvres à nos parents pour la modique somme de 5¢ par personne.

Les grands dramaturges classiques tels Molière et Shakespeare ont orienté mes premières pièces de théâtre (Des fous et des femmes, 1992; Colour Me Mythed or The Myth of Many Colours, 1993; A Child’s View of Shakespeare, 1992; Les fourberies de Molière ou Le Molière imaginaire, 2001). L’étude des écrits de Tremblay a aussi marqué ma plume (Peau des ongles, 2002), ainsi que mon amour de Broadway et des comédies musicales (La Reine a cassé sa pipe, 2005; Gates’ Heaven, 2009).